Station balnéaire et touristique réputée dans le monde entier, la ville d’Arcachon, porte d’entrée du bassin éponyme est un joyau du sud-ouest français et de la façade atlantique. Pourtant son histoire est récente, son acte de naissance ne remontant en effet qu’au 2 mai 1857, date où elle fut érigée en commune par décret impérial de Napoléon III.
Auparavant, Arcachon n’était qu’un quartier de la commune voisine de la Teste-de-Buch.
Son essor avait commencé quelques décennies plus tôt. En 1823, François Legallais, ancien capitaine marin, installe un hôtel de bains de mer, avec vue sur le bassin, sur la plage d’Eyrac. Celle-ci est alors encore sauvage, entre dunes et pinèdes. Le succès se fait rapidement et modifie le paysage. Rapidement hôtels et villas se multiplient, dessinant l’ébauche du front de mer.
Les vertus de l’air marin sont alors très prisées les aristocrates, friands de cures et de méthodes de guérisons pour leurs maladies. Et cet engouement va être accompagné par l’arrivée du chemin de fer qui facilite les déplacements : les frères Pereire, proches de Napoléon III, décident alors d’investir en 1853 dans la Compagnie des Chemins de fers du Midi et étendent la ligne de train Bordeaux – La Teste de Buch à la nouvelle station de remise en forme.

Une citée prisée
Les frères Pereire vont alors œuvrer au développement de la ville, en achetant de nombreux hectares pour y ériger des villas dans un style pittoresque qui s’inspire de différentes époques et styles : néo-classique, néogothique, mauresque… Ce sera la naissance de la « ville d’hiver » dans les années 1860.
Ce quartier est situé sur les hauteurs et son tracé tout en courbes a pour vocation d’abriter du vent. Il deviendra un centre névralgique de la haute société européenne qui viendra y séjourner, contribuant à l’âge d’or d’Arcachon qui se prolongera jusque dans les années 1920.
Le quartier est doté d’un parc à l’anglaise et d’un casino, le monumental Casino Mauresque qui sera détruit par un incendie en 1977. Il demeure aujourd’hui sur une surface de 8 hectares le parc réalisé par les architectes-paysagistes Frusiques et Claveries, transformé en arboretum en 1992. À l’emplacement de l’ancien casino, et pour marquer celui-ci, une pinasse a été installée.
Aujourd’hui encore, la « ville d’hiver » contribue à la réputation de la ville d’Arcachon, devenue ville des 4 saisons, depuis son extension avec les « villes d’automne », « ville d’été » et « ville de printemps ». Pourtant la « ville d’hiver » n’est pas le quartier le plus ancien. Si elle domine de sa hauteur la « ville d’été », historiquement, les hommes se sont d’abord installés près du front de mer et donc, ce qui est aujourd’hui « la ville d’été ». Ce quartier regroupe le front de mer d’Arcachon et notamment ses trois jetées emblématiques : Pierre Lataillade, Thiers, La Chapelle. Le quartier, qui s’articule autour de sa place des Marquises et de son marché, concentre les administrations et la plupart des commerces.

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Pas de pétrole, mais de l’eau et des idées !
La « ville de printemps » est aussi un quartier à l’histoire riche. Bordée par la plage Pereire, la plus grande plage d’Arcachon avec son étendue de sable fin bordée d’une longue avenue piétonne de plus de 3 kilomètres et qui fait face au cap Ferret, la « ville de printemps » accueille également la célèbre source Sainte-Anne des Abatilles, découverte en 1923 et qui a contribué à la notoriété de la ville. À l’époque, Gabriel Maydieu propriétaire du terrain, persuadé de trouver du pétrole, lance des travaux de forage. Son ingénieur Louis Le Marié voit jaillir une colonne d’eau de 7 mètres en guise de pétrole ! Pour ses qualités médicinales, l’Académie de médecine de Bordeaux la qualifie « d’eau de santé » et autorise la création de la Société thermale des Abatilles en 1925.
Ponctuée de bâtisses majestueuses et de platanes, la « ville d’automne » est par ailleurs de son côté le quartier des pêcheurs avec ses maisons pittoresques, le Pôle nautisme, le port de pêche et de plaisance, mais aussi la Maison de la mer. Arcachon s’est façonné aussi en effet avec la mer et notamment avec l’élevage des huîtres qui a impacté les paysages du bassin d’Arcachon. De nos jours, dans une démarche d’éco-tourisme inédite, le pescatourisme est une tendance en vogue à Arcachon. Cette activité propose aux touristes de découvrir cette histoire et ce savoir-faire en accompagnant des ostréiculteurs dans des parcs à huîtres. Idéal pour appréhender ce métier ancestral et comprendre les enjeux environnementaux.
Un des symboles de l’ostréiculture et du bassin en lui-même, ce sont aussi ses deux célèbres cabanes tchanquées, terme qui signifie « sur échasses ». Postées au large de l’île aux oiseaux, elles sont un reflet de la riche histoire du bassin. Les deux cabanes tchanquées actuelles, l’une avec ses volets blancs et l’autre avec ses volets rouges, ont été bâties dans les années 1950, à l’origine il n’y en avait qu’une, construite en 1883 par un ostréiculteur pour la surveillance des parcs à huîtres, dont il ne reste que quelques piliers en bois visibles à marée basse. Aujourd’hui l’une d’elles, la cabane aux volets rouges, est en mauvais état, si bien qu’une souscription avec la Fondation du patrimoine a été lancée pour sauver l’édifice et pouvoir l’ouvrir à l’avenir a des ateliers d’éducation à l’environnement.

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