De Cordouan, le plus ancien phare de France encore en activité, à Trompeloup, presque invisible au milieu de l’estuaire, les phares de la Gironde racontent chacun une histoire différente. Six monuments emblématiques à découvrir au fil de l’estuaire, entre patrimoine maritime et panoramas sur la côte.

L’estuaire de la Gironde est une destination prisée par les amateurs de phares. Ceux de Cordouan, la Coubre, Grave, Richard, Patiras et Trompeloup font partie de monuments emblématiques du paysage maritime de la région et chacun possède ses propres particularités.

Le phare de Cordouan est peut-être le plus célèbre d’entre eux. Situé à l’embouchure de l’estuaire, il est le plus ancien phare de France encore en activité. Construit de 1584 à 1611, il est aussi le premier phare classé au titre des monuments historiques, par la liste de 1862. Le phare de Cordouan est accessible en bateau depuis les ports de Royan ou depuis Port-Médoc au Verdon-sur-Mer.

L’ascension des 311 marches qui mènent au sommet en vaut la peine pour la vue spectaculaire sur l’estuaire. Cette tour blanche de six étages est haute de 68 mètres et construite sur un socle rocheux, qu’une cuirasse entoure pour le protéger de l’assaut des vagues.

Cordouan inscrit au Patrimoine mondial

Au premier étage se trouve l’appartement dit « appartement du Roi ». Au deuxième étage se trouve la chapelle, le phare de Cordouan étant le seul au monde à disposer d’une chapelle consacrée. Enfin, au sixième étage, se situe la lanterne. Avant l’électrification en 1948, on y montait les combustibles au moyen d’une poulie, par les orifices d’environ un mètre de diamètre percés au centre de chaque étage de l’édifice.

Situé à 7 kilomètres en mer, il éclaire et sécurise fortement la circulation dans les deux passes qui permettent l’accès à l’estuaire : la grande passe de l’ouest, balisée de nuit, qui longe le rivage nord depuis le banc de la Coubre, et la passe sud, plus étroite, qui n’est pas balisée la nuit.

Appelé parfois le « Versailles de la mer », le « phare des Rois » ou encore le « roi des Phares », il est, depuis juillet 2021, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Depuis 1611, des générations de gardiens s’y sont succédé. Il a été le dernier phare français habité par des gardiens, les derniers ayant quitté leur fonction en 2012.

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Des monuments qui se visitent

Le phare de la Coubre est quant à lui dressé à l’extrémité nord de l’estuaire de la Gironde. Il s’agit d’un phare relativement récent, construit en 1904. Depuis 2011, il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques. Il est le plus haut des côtes charentaises et l’un des plus puissants de France. Il indique la présence de bancs de sable dangereux, qui ont causé le naufrage de plusieurs navires. Le phare est accessible en voiture ou à vélo depuis la ville de La Tremblade. Une fois ses 300 marches gravies, le phare offre une vue panoramique à 360° sur l’océan et la côte.

Le phare de Grave, sur la pointe de Grave, est bâti sur le côté sud de l’embouchure de l’estuaire de la Gironde. Sa construction remonte à 1860. Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 2009. Il se trouve au Verdon-sur-Mer et abrite une collection d’objets anciens et modernes liés au phare de Cordouan et au service des phares et balises ainsi que des maquettes de tous les phares de la Gironde, à la même échelle. De nombreuses photographies évoquent la vie des gardiens.

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Le phare de Richard, basé sur la rive gauche de l’estuaire, a lui été construit en 1843. Il se trouve à Jau-Dignac-et-Loirac. Son escalier à vis compte 63 marches en pierre et mène à la corniche. Devenu un site à vocation touristique, le phare renferme un musée de la vie estuarienne depuis le XIXe siècle (ostréiculture, pêche, balisage…).

Le phare de Patiras est édifié au nord-ouest de l’île de Patiras. Construit en 1879, il a guidé les navires pendant plus de 100 ans. Il est accessible par bateau au départ de Blaye. Affecté au Conservatoire du littoral, le phare sert aujourd’hui de belvédère pour admirer l’ensemble du paysage de l’estuaire.

Enfin, le phare de Trompeloup, isolé au milieu de l’estuaire, a été construit en 1901 sur un banc de sable. Il formait un alignement avec le phare de Patiras pour remonter la Gironde le long des côtes du Médoc. L’axe du chenal s’étant déplacé, le phare n’a plus été utilisé. Il n’est pas accessible au public. Ayant les pieds de l’eau, le phare nécessite d’avoir le regard aiguisé pour être aperçu !

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