Témoin de près de mille ans d’histoire bordelaise, la cathédrale Saint-André a accueilli deux mariages royaux et traversé bien des épreuves. Derrière son architecture singulière, elle abrite de nombreux trésors artistiques et religieux, patiemment réunis au fil des siècles.

Implantée près de l’hôtel de ville, la cathédrale Saint-André s’impose comme le plus beau monument religieux de Bordeaux. Si son allure n’est pas celle des cathédrales d’Île-de-France et qu’il lui est difficile de concurrencer Amiens, Chartres ou Reims, son apparence hétérogène a quelque chose d’inattendu et de plaisant, notamment par le fait de son clocher indépendant. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1982.

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Deux mariages royaux

Les murs de cette cathédrale ont été témoins de plusieurs événements marquants. En 1137, ils ont vu le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec le futur Louis VII, et cinq siècles plus tard, l’union d’Anne d’Autriche avec Louis XIII. Par la suite, lors de la Révolution, le lieu a été transformé en magasin à fourrage, un destin malheureux pour ce monument qui a également souffert d’un incendie dévastateur au XIXe siècle, nécessitant la reconstitution de son mobilier à partir d’éléments d’autres églises.

Le portail royal, situé dans le mur nord de sa nef, est un exemple remarquable du gothique français du XIIIe siècle, dont la restauration a permis de retrouver son apparence originelle. Comme de nombreuses cathédrales de l’époque, ses sculptures étaient peintes de couleurs vives pour captiver l’imagination des populations.

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Église mère du diocèse dès le IVe siècle, elle a été reconstruite plus au sud à partir du XIe siècle. Elle présente une nef unique d’origine romane, un chœur gothique du XIVe siècle, trois magnifiques portails, des peintures murales funéraires, des albâtres de Nottingham, des bas-reliefs, une Crucifixion du peintre flamand Jacob Jordaens et des grilles du XVIIIe siècle ; autant d’éléments qui en font un témoin inestimable de l’histoire millénaire de Bordeaux.

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Une renaissance artistique

Au gré des siècles, le clergé a rassemblé de précieux trésors au sein des édifices religieux, accumulant une remarquable collection d’œuvres d’art liturgique. En 1789, ces biens ont été mis à la disposition de la Nation pour garantir les dettes du nouvel état révolutionnaire. La cathédrale Saint-André, édifiée entre le XIIe et le XIVe siècle et siège de l’archevêché de Bordeaux, a été dépouillée de la quasi-totalité de ses richesses, en particulier ses pièces
d’orfèvrerie. Pendant une période tumultueuse, elle a servi tour à tour de magasin à fourrage, de temple de la Raison ou de salle des fêtes patriotiques.

Après le Concordat en 1801, la cathédrale a lentement cicatrisé ses blessures, prenant près de trente ans pour se remettre de ces affronts. La tour séparée, utilisée comme laminoir de plomb, a retrouvé sa fonction de clocher en 1852. Cependant, ce n’est qu’en 1947 que le lieu a recouvré une partie de son trésor, grâce à Barthélemy Marcadé, un Bordelais devenu curé à Paris. Amateur d’art, il a patiemment constitué une collection de tableaux, de statues, d’objets et de vêtements liturgiques, ainsi que d’enluminures datant des XIVe, XVe, XVIe et XVIIe siècles, durant une cinquantaine d’années. À la fin de sa vie, de retour dans sa région natale, il a fait don de sa collection à l’État, qui l’a ensuite exposée dans la cathédrale.