Aux confins du Berry, à Lignac dans l’Indre, le Château Guillaume domine son écrin de verdure depuis près de neuf siècles. Une forteresse médiévale dont l’histoire est intimement liée aux ducs d’Aquitaine.

Sans Guillaume IX d’Aquitaine, point de Château Guillaume, dont la construction fut entreprise vers 1101 sur le périmètre de ce qui devint ultérieurement la commune de Lignac ! Auparavant s’y trouvaient une paroisse et un village (réunis le 28 avril 1819), devant d’ailleurs leur développement à la poursuite de l’édification de la forteresse et de son église. Les constructions composant la communauté se sont naturellement étirées le long de la route au fil du temps. On notera les petites maisons avec leurs escaliers extérieurs qui enserrent l’église romane…

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Imposant château

Posé dans son écrin de verdure aux confins des anciennes provinces du Berry, du Poitou et de la Marche Limousine, Château Guillaume en impose toujours. Bien sûr, il a connu une importante restauration, davantage une reconstruction d’ailleurs, au cours des années 1878-1889… et bien avant un démantèlement ordonné par Richelieu ! Face à l’état de ruine avancé, la comtesse Robert de Beauchamp confia les travaux à l’architecte Charles Cazaux, émule de Viollet-le-Duc. Une souscription permit alors de refaire le carrelage, d’en consolider les murs et aussi de raser la chapelle seigneuriale. Des appentis ont aussi été ajoutés à cette époque. Néanmoins, on parvient encore à distinguer les constructions d’origine.

Du haut de ses 25 m, le donjon carré aux fenêtres gothiques se caractérise par l’ajout au XIVe siècle de contreforts d’angles diagonaux plats et rectangulaires. Rappelons que l’apparition de ce donjon ne dut rien au hasard. Entre cette deuxième moitié du XIe siècle et la première moitié du XIIe siècle, les comtes de Poitiers cherchaient à sécuriser leur position menacée par leurs voisins. En remplacement du donjon en bois, on imagina une construction en pierre, coûteuse même pour de puissants seigneurs, qui devaient, en outre, recevoir l’aval de leur suzerain.

Le château se présente tel un long carré irrégulier auquel on aurait collé une tour ronde à chacun des angles. Les bâtiments d’habitation ont été posés contre le plus petit côté de ce quadrilatère. Ils ont pour protecteur deux tours angulaires, dont celle de gauche, la tour Gouffier est de forme hexagonale. Bien qu’en ruine, elle devait être de même dimension que sa voisine, et précédée elle aussi à l’entrée d’une antichambre. Entièrement meublé, le château est notamment doté d’une salle des gardes et de salles d’armes présentant de nombreux souvenirs liés à la famille de Beauchamp.

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Stratégiquement implanté

Le parc s’étend sur quelque trois hectares. La présence d’une grande allée de tilleuls, accompagnée de platanes et de pins maritimes, lui confère un charme de jardin à l’anglaise. C’est par le pont Riffaut que l’on franchit les douves alimentées par la crue hivernale du ruisseau local, l’Allemette : un système de retenue permettait aisément d’isoler la forteresse, sans oublier son voisin, la Champignolle. Il est vrai que, loin d’être placé en position dominante, Château Guillaume fut stratégiquement implanté au fond d’une vallée. Il est, de plus, encadré par des rivières. Les crues le rendaient ainsi imprenable.

Aujourd’hui, ce n’est pas un long siège qui permet de le découvrir, mais sa visite et un pacifique sentier de découverte s’étirant sur près de deux kilomètres.

Il se dit qu’Aliénor, fille de Guillaume X dit le Toulousain — qui terminera la construction — et d’Aénor de Châtellerault, serait née en ce château entre 1122 et 1124. D’autres hypothèses évoquent Poitiers, voire Bordeaux…

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