Le petit Versailles d’Auvergne
Surnommé le petit Versailles d’Auvergne par l’écrivain Henri Pourrat, le château de Parentignat est situé dans la commune du même nom. Avant d’être nommé ainsi au XIXe siècle, le château porte le nom de Parentignac. En 1707, Jean-Antoine de Lastic, chevalier, seigneur et prieur de Bredon, achète la seigneurie aux héritiers de Maximilien de Sommyèvre. À cette époque en mauvais état, le château était un quadrilatère flanqué de quatre tours.

Une histoire mouvementée
À la mort du prieur, Anne-François II devient l’unique propriétaire du château et décide d’entamer la campagne de travaux qui donne au lieu son apparence actuelle. Entre 1710 et 1714, il entreprend de racheter le village qui entoure la bâtisse. La maison forte du XVe siècle est intégrée dans l’aile gauche de la nouvelle demeure avec deux de ses quatre tours. Afin de relier les deux ailes, un corps de logis est bâti à l’est.
En 1749, Anne-François II meurt et laisse le château à son fils, Anne-François III. Ce dernier est nommé lieutenant-général des armées du roi en 1762. Après avoir délaissé le château, le marquis se lance dans une rénovation entre 1768 et 1770. En 1771, le maréchal de La Fayette séjourne au château.
Anne-François III meurt en 1772. Son fils Anne-François IV lui succède. En 1779, il revient au château à l’issue d’une carrière militaire. Il transforme le château alors détérioré et termine les travaux intérieurs. Il achève également la façade sur le parc, remanie les jardins, transforme et aménage les appartements dans le style de l’époque. Il construit un « Trianon » près du moulin.

En 1784, Anne-François IV est nommé lieutenant-général des armées du roi. Ouvert aux idées révolutionnaires, il est nommé commandant de la Garde nationale d’Issoire, puis « chef de légion dans la Garde Nationale de Clermont-Ferrand ». En mai 1792, il est rappelé par le ministère de la Guerre puis reçoit une commission de lieutenant-général dans l’armée du Nord. Malade, il obtient de retourner dans son château. Il meurt en 1794. Le château où est installée une fabrique de salpêtre est épargné par la Révolution. Son mobilier est préservé.
En l’absence d’héritier mâle laissé par Anne-François IV, c’est sa petite-fille Octavie qui hérite du château. À la tête d’un domaine foncier affaibli et par souci d’économie, Octavie et son époux transforment les jardins « à la française » en parc « à l’anglaise ». Un tulipier est planté dans le parc, offert par l’impératrice Joséphine dont le couple est respectivement chambellan et dame du palais.
Dans les années 1970, le marquis Georges Lastic et son épouse Françoise, fille d’Henry Goüin, assurent la restauration et la conservation du château. Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques en 1972. À la mort du marquis en 1988, sa veuve et son fils entreprennent d’importants travaux de restauration.
De nombreux trésors
Le château est bâti sur trois niveaux. Au fond de la cour d’honneur, entre les deux ailes, la façade possède trois travées et est surmontée d’un fronton. Une tour ronde est accolée à l’extrémité extérieure de chacune des ailes. Du côté du parc, la façade est rectiligne et comporte quinze travées. Un fronton se hisse au-dessus des trois travées centrales. Une terrasse borde la façade. À l’intérieur du château, une grande partie de son riche mobilier d’origine est toujours conservé. Ouvert à la visite, le château permet de découvrir les différentes enfilades des salons, la salle à manger, les chambres d’apparats et la bibliothèque avec ses 20 000 volumes reliés.
L’un des trésors du château est sans aucun doute l’ensemble de portraits des XVIIe siècle et XVIIIe siècle présentés à l’étage, dans les salles de bal et de comédie. Ils ont été rassemblés par Georges de Lastic, historien d’art et collectionneur. Les meilleurs artistes s’y trouvent largement représentés : Nicolas de Largillierre ou Hyacinthe Rigaud. Ils ont peint l’image éblouissante de la société raffinée de l’Ancien Régime, entre autres, de Louis XV, la marquise de Noailles ou encore Louise Anne de Bourbon. Si le collectionneur et tous ces personnages peints sur ses portraits ont disparu, la magie de la peinture, elle, est toujours intacte.

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