Joyau de l’art roman
D’après la légende, l’église de Notre-Dame-du-Port aurait été fondée au VIe siècle par saint Avit, évêque de Clermont. Élevée au rang de basilique mineure en 1881, Notre-Dame-du-Port se situe dans le centre historique de Clermont-Ferrand, au cœur du quartier du Port. Elle est l’un des premiers sites patrimoniaux visités dans la ville, classée monument historique sur la première liste de 1840 et inscrite depuis 1998 au Patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

Détruite par les Normands au IXe siècle, elle aurait été reconstruite d’abord par saint Sigon, successeur de saint Avit, puis une nouvelle fois par Étienne II au Xe siècle. Les historiens, quant à eux, s’accordent à situer l’édification de l’actuelle église romane au XIIe siècle. Construit avec de l’arkose blonde extraite de la carrière de Montpeyroux, l’édifice impressionne par ses dimensions : 52 m de longueur, 26 m de largeur et une nef culminant à 18 m de hauteur. Le chevet, les arcs en plein cintre ainsi que le raffinement des sculptures illustrent le savoir-faire remarquable des bâtisseurs du XIIe siècle. La teinte lumineuse de l’arkose blonde est sublimée par les mosaïques en pierres de lave qui ornent l’abside. Grâce à la générosité des fidèles au fil des siècles, l’église s’est enrichie d’un important mobilier artistique. Parmi les œuvres les plus précieuses figurent une Annonciation réalisée par Philippe de Champaigne en 1643, plusieurs tableaux de Jean Restout datés du XVIIIe siècle, ainsi que des sculptures, dont une Vierge allaitante réalisée entre 1380 et 1420.

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Quand la ville priait la Vierge
À la fin du Moyen Âge, la ferveur mariale s’intensifia, portée par des récits de miracles attribués à la Vierge. L’église conservait alors deux statues mariales, l’une sur le maître-autel, l’autre dans la crypte. Cette dernière, appelée Vierge miraculeuse, était de style roman, puis remplacée à l’époque gothique par une Vierge dite « de tendresse », d’inspiration byzantine. Dégradée avec le temps, elle fut reproduite à l’identique et remplacée en 1734. C’est cette copie que les fidèles vénèrent aujourd’hui.
La statue n’était sortie de la crypte qu’en période de crise, portée en procession dans la ville à la demande des échevins et des habitants. En 1614, une procession fut organisée face à une famine menaçante, marquant le début d’une reconnaissance officielle. Dès 1615, l’évêque instaura une fête le 15 mai, jour chômé en ville, élargie aux faubourgs à partir 1697. La papauté accorda sa reconnaissance en 1618, en octroyant une indulgence plénière aux pèlerins visitant l’église du Port le jour de la Nativité de la Vierge, pour trois ans.

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