On peut tout à fait vivre à Lyon depuis des années et ne pas savoir qu’un somptueux jardin de 300 m2 est à visiter dans l’un des quartiers historiques de la ville : précisément, au 87, grande rue de la Croix-Rousse. Mais, il s’agit, selon France 3 Régions, d’un « joyau fragile qu’il faut préserver des hordes de touristes. » C’est pourquoi le lieu n’est ouvert que le samedi après-midi et sur rendez-vous.

Un vœu…
Qu’est-ce qui rend le jardin Rosa Mir si atypique ? Son histoire, pour commencer. Né dans la région de Valence en 1913, Jules Senis devient artisan maçon-carreleur puis s’engage aux côtés des républicains lors de la guerre d’Espagne. Il fuit finalement son pays pour venir se réfugier à Lyon à partir de 1951. Un an plus tard, l’homme est atteint d’un cancer de la gorge. « Il fait le vœu que si la maladie le quitte, il construirait un jardin extraordinaire en hommage à sa maman, Rosa Mir Mercader » retrace à France 3 Valérie Ferrand, médiatrice à Lyon nature. « Sa détermination à faire aboutir le projet l’aide à surmonter cette épreuve », poursuit l’office de tourisme de la Métropole de Lyon. Après trois ans passés à l’hôpital, Jules Senis finit par guérir. L’Espagnol va pouvoir commencer à honorer son engagement.

… qui devient réalité
Atypique, le jardin Rosa Mir l’est aussi par sa structure. De 1957 à 1983, l’autodidacte va prendre le temps de façonner ce petit coin de paradis. Lentement, car l’artisan récolte sur ses chantiers, année après année, de très nombreux cailloux et galets. Il glane aussi une multitude de coquillages. Pas moins de 2 500 coquilles Saint-Jacques ont été comptabilisées sur place. Environ 5 000 plantes méditerranéennes complètent l’ensemble pour former une architecture harmonieuse et multiculturelle, à l’image de son créateur. Ce jardin est « marqué par les lieux d’Espagne sur lesquels Jules Senis a travaillé : […] l’Alhambra de Grenade, la basilique de Montserrat en Catalogne, l’architecte Gaudi, le “constructeur” de Barcelone, créateur du parc Güell et de la Sagrada Familia », approfondit l’office de tourisme.
Classé à l’inventaire des monuments historiques en 1987, le jardin — devenu la même année propriété de la Ville de Lyon — a aussi été mis en lumière par l’ancien label « Patrimoine du XXe siècle ». Après cinq ans de rénovation, le site rouvre ses portes en 2016 pour le plus grand plaisir des touristes. « On ne peut pas imaginer toutes les heures de travail qui ont été utilisées pour fabriquer tout ça », témoigne à France 3 un récent visiteur. En plus d’avoir réussi son pari, Jules Senis invite au respect et fait désormais rêver tous les amoureux de la nature.

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