Au cœur du parc de la Deûle, vaste poumon vert de la métropole lilloise, le parc Mosaïc s’inscrit comme l’une de ses portes d’entrée les plus emblématiques. Pensé dès l’origine comme un élément à part entière de ce grand projet paysager, le Jardin des Cultures prend place sur un territoire façonné par l’eau, les marais et les prairies, au sud de Lille. Imaginé dès les années 1960 et longtemps attendu, le parc de la Deûle s’étend aujourd’hui sur 350 hectares gérés par l’Espace naturel Lille Métropole. Étangs recréés, chemins redessinés, champs et espaces naturels préservés composent un paysage où la nature est à la fois retrouvée, rêvée et domestiquée.

Mosaïc, premier jardin à thème de la région, est né en 2001 à Houplin-Ancoisne. Il s’inscrit dans un ancien parc de 33 hectares du début du XXᵉ siècle, dont il ne restait alors que quelques arbres. C’est ici que l’équipe du paysagiste Jacques Simon a choisi d’intervenir. La conception repose sur les anciens marais, transformés en étangs paysagers.
Plus de 7 200 végétaux et 15 000 arbres sont replantés. « Il y avait ici tout ce qu’il faut : les bois, l’herbe pour l’ivresse des foules, l’eau pour irriguer l’ensemble. Nous avons voulu reconstituer des biotopes locaux et préserver un héritage de 2 000 ans de cultures », expliquaient Yves Hubert et Jean-Noël Cappart, architectes paysagistes du projet lors de sa création.
Mosaïc donne ainsi une forme végétale aux cultures qui composent la métropole lilloise : 11 jardins, imaginés par des équipes sélectionnées parmi une vingtaine de projets, représentent chacun une communauté installée dans la région depuis le début du XXᵉ siècle — Flandre, Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, péninsule ibérique, Asie du Sud-Est, Europe centrale, Europe germanophobe, Méditerranée orientale ou îles britanniques.

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Un voyage végétal et artistique
La visite débute par un wagon des années 1930, symbole du voyage et de la mémoire des migrations. Puis vient l’entrée dans la « métropole », une grande arabesque paysagère reliant les jardins. Le jardin flamand est dominé par la silhouette de Pierre Auvente, géant emblématique rappelant les carnavals du Nord, l’industrie textile et la tradition du potager. Plus loin, l’Afrique s’exprime autour du de l’arbre à palabres, de la case en hauteur « l’île africa Mana » et des cultures vivrières. Le jardin du Maghreb joue sur la géométrie et les symboles de l’équilibre entre féminin et masculin.

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La péninsule ibérique dévoile une « Quinta des délices », paisible où vignes et lauriers abolissent la frontière entre bâti et paysage. « Les Terrasses de la Méditerranée », plus décalées, convoquent folie et dérision à travers sculptures fragmentées et clins d’œil à l’Antiquité. Coup de cœur enfin, car on ne pourra tous les citer, pour le jardin d’Asie du Sud-Est.
Le « Jardin du Dragon », avec son dragon d’osier, traversé par l’eau, invite à une déambulation zen jusqu’à une mare dessinant le yin et le yang. Animaux et races anciennes complètent ce tableau vivant – lapins géants des Flandres, chèvres anglo-nubiennes, oies du Danube, cochons noirs, moutons espagnols – comme une arche de Noé contemporaine. Mosaïc, c’est aussi un jardin animé toute l’année avec des événements culturels, des expositions et des animations. Au fil de la Deûle, le parc raconte ainsi une histoire de métissage, de paysages et de mémoire partagée. Un extraordinaire jardin où passer la journée, rêver, se restaurer et savourer la diversité végétale du monde.
















