Des sauvignons du Val de Loire aux Coteaux du Vendômois, les vins du Loir-et-Cher offrent une belle diversité de cépages et de terroirs. De Cheverny à Chambord, en passant par la vallée du Loir, découvrez un patrimoine viticole riche en histoire et en saveurs.

Ses excellents sauvignons sont le navire amiral du Loir-et-Cher. Ce cépage-roi y règne en maître au fil des vallées du Loir, de la Loire et du Cher. Mais il n’est pas le seul. Le département propose une belle palette de vins alliant fraîcheur et finesse notamment portée par 345 vignerons au sein de l’IGP (Indication géographique protégée) Loir-et-Cher. La production se répartit par ordre d’importance entre blancs, rouges et rosés. Le cépage cabernet sauvignon y côtoie les gamay, grolleau cabernet franc, pinot noir, pineau d’Aunis chardonnay, chenin, arbois, folle blanche, etc.

Partons du nord en faisant une halte par la dénomination Touraine Mesland elle-même intégrée dans l’AOC (Appellation d’origine contrôlée) Touraine. Ce vignoble situé sur la rive droite de la Loire, en aval de Blois, produit des vins blancs principalement issus du chenin. Les rouges proviennent d’assemblages de gamay, de cabernet franc et de côt.

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Valençay, Cheverny, Chenonceaux…

Puis mettons cap au sud vers le vignoble de l’AOC Touraine Chenonceaux. Celui-ci est placé à cheval sur les hauts de pentes des deux rives du Cher de l’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher. Reconnue en 2011, cette dénomination offre un bel accord entre une terre et un château d’exception. C’est encore un peu plus au sud que la commune de Selles-sur-Cher se distingue comme la seule de l’AOC Valençay en Loir-et-Cher (unique appellation en nom propre à porter sur deux produits : le vin et le fromage de chèvre !).

Revenons au sud de Blois vers un territoire dont le sauvignon est reconnaissable entre tous, celui de l’AOC Touraine Oisly, la seule appellation de Touraine à ne produire que des blancs. Ces vins proviennent de vignes cultivées sur un plateau placé entre deux fleuves : la Loire et le Cher. Leur finesse aromatique porte souvent des notes d’agrumes, de fleurs blanches voire de fruits exotiques.

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Un peu plus à l’est, l’AOC Cheverny se distingue par ses d’assemblages composés de cépages pinot noir (finesse et subtilité) et gamay (fraîcheur et rondeur) pour les vins rouges fruités et gourmands et rosés et de sauvignon et chardonnay (qui ajoute l’élégance à la puissance aromatique du sauvignon) pour les blancs. Parfois employés comme cépages complémentaires, le cabernet franc et le côt structurent légèrement les vins de Cheverny. Marqué de notes épicées tempérées par une grande fraîcheur, les rosés s’apprécient pour leur souplesse en bouche. Implanté depuis le Moyen Âge autour des abbayes, le vignoble retient l’attention des rois de France à partir du XVIe siècle.

Aux portes de Chambord, l’AOC Cour Cheverny ne produit que des blancs issus d’un seul cépage, uniquement cultivé sur ce territoire : le Romorantin. Il confère fraîcheur et caractère aux vins provenant de onze communes entre Loire et Sologne. Ceux-ci sont également appréciés pour leur potentiel de garde. C’est grâce à la volonté du roi François Ier que 80 000 pieds de vigne furent importés de Bourgogne pour les installer à proximité de Romorantin, au lieu-dit « Le clos des Baunes. »

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La Vallée du Loir, vins au pluriel  

Trois terres de vins font un pied de nez à la vallée de la Loire, là où le fleuve royal finit de faire le dos rond vers le nord. Depuis l’époque médiévale, Coteaux du Vendômois, Coteaux du Loir et Jasnières affolent l’Europe des gourmets. Le premier plante ses ceps en Loir-et-Cher et les deux autres en Sarthe.

Ces vignobles arrimés aux épaules du Loir ont été célébrés par Rabelais, Ronsard et Henri IV. De Villiers-sur-Loir à Château-du-Loir, les parcelles visent le Sud pour donner la quintessence de leurs cépages. Les trois compères font preuve de talents certains pour hisser leurs couleurs allant du blanc au rouge, en passant par le « gris » et le rosé. Leur talent est également celui des vignerons tirant le meilleur d’un climat propice, d’un sol conduisant à de belles expressions aromatiques et de cépages qui les comprennent.

Planté à l’ouest de la ville de Vendôme et sur 27 communes, le vignoble des Coteaux du Vendômois se fait connaitre dès le Xe siècle dans une charte de donation relatif à des vignes situées à Villedieu. Son véritable essor aura lieu au XIXe siècle. Le bon roi Henri (IV) n’attendra pas si longtemps pour apprécier les vins de la commune de Naveil… Ces terres se partagent entre vins blancs issus de chenin blanc associé à 20 % de chardonnay, rouge (production majoritaire) en pineau d’Aunis complété de pinot noir, cabernet franc et gamay et gris en 100 % pineau d’Aunis.

Vous trouverez les vins des Coteaux du Loir sur seize communes sarthoises et six d’Indre-et-Loire. On les doit aux moines cisterciens. C’est l’une des appellations les plus septentrionales du Val de Loire dont elle bénéficie du climat tempéré (sans oublier la protection de la forêt de Bercé). Le pineau d’Aunis reste le carburant principal des vins rouges et rosés. Cet ancien cépage niché entre Angers et Vendôme produit des vins d’une grande finesse.

Clôturons ce tour d’honneur en majesté avec Jasnières que se partagent deux communes sarthoises nommées Lhomme et Ruillé-sur-Loir. Son unique – et merveilleux – cépage est dévolu aux vins blancs. Merci au chenin. La craie du turonien (décomposée en argile à silex sur les coteaux) donne un breuvage à la robe cristalline jaune or dont le potentiel de garde dépasse quinze années.