Situé sur un éperon rocheux au sein de la commune de La Cluse-et-Mijoux, dans le Doubs, le château de Joux domine la cluse de Pontarlier, passage naturel qui permet de traverser le massif du Jura. Cette voie militaire et commerciale relie les routes de Champagne, de Flandres et de Haute-Saône à l’Italie et à la Suisse.
Étymologiquement, le mot Joux provient du latin Juria qui signifie « forêt de montagne » et du celte Jor qui signifie « hauteur boisée ». Jura ou Joux désigne à l’origine une grande étendue de forêt. Or, c’est dans le Jura que l’on peut voir l’une des plus belles sapinières de France, la forêt de la Joux. En Suisse, non loin du château, le mot Joux a donné son nom à une vallée et à un lac.

Une position stratégique
La position stratégique du château est convoitée dès l’Antiquité. Au Moyen Âge, les sires de Joux assoient leur pouvoir sur ces terres et fortifient l’éperon rocheux avec un premier château. Au XIVe siècle, le duc de Bourgogne Philippe le Bon achète le château aux descendants de Joux. Il étend ainsi sa domination sur les zones frontalières du comté de Bourgogne et se garantit le passage de la Cluse vers ses riches terres de Flandres.
Au XVIe siècle, par héritage et successions, le château revient à la couronne d’Espagne qui gouverne, outre l’Espagne bien sûr, les Flandres et le royaume de Naples. Le château devient une base logistique de premier ordre pour acheminer troupes, armes, vivres et produits commerciaux.
Au XVIIe siècle, le roi de France Louis XIV prend possession du château. Il intègre la Franche-Comté au royaume de France en 1678. L’ingénieur militaire Vauban modifie les places fortes prises à l’Espagne pour créer une frontière linéaire du royaume appelée le pré carré. Les citadelles de Belfort, de Besançon, les forts de Salins et le château de Joux assurent la défense de la frontière de l’Est.
Du XVIIIe au XIXe siècle, le château sert de prison d’État afin d’enfermer toute personne représentant une menace pour l’ordre du public et la sûreté de l’État. De célèbres prisonniers tels que Mirabeau ou Toussaint Louverture y sont détenus.
À la fin du XIXe siècle, après la défaite française de 1871 et la perte de l’Alsace-Lorraine, la frontière de l’Est est renforcée. Un nouveau plan de fortifications prévoit la transformation des places fortes d’après le système imaginé par le général Séré de Rivières. Le château bénéficie d’une rénovation. Les travaux sont supervisés par le capitaine du Génie Joffre, futur maréchal.
Vers demain
Le château est aujourd’hui composé de cinq enceintes, 2 ha de bâtiments, 250 pièces, trois fossés et trois ponts-levis. Il est ouvert à la visite depuis 1954. En 1968, il est vendu au syndicat Pontarlier-La Cluse et Mijoux, à présent communauté de communes Grand Pontarlier. Classé au titre des monuments historiques en 1996, le château offre un impressionnant témoignage de l’évolution de l’architecture militaire sur 1 000 ans d’histoire. Tout au long de l’année, différentes manifestations sont proposées, parmi lesquelles des visites nocturnes, des animations scolaires et familiales, ou encore l’incontournable Festival des Nuits de Joux.

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