Symbole de Rochechouart depuis plus de 800 ans, ce château emblématique de la Haute-Vienne, au cœur du Limousin, mêle histoire, art et patrimoine. De ses fortifications à ses fresques Renaissance, il invite à un véritable voyage à travers les siècles.

Rochechouart est une station de métro bien connue des Parisiens. Toutefois, la plupart ignorent ce qui se cache derrière ce nom : une ville millénaire du Limousin et une famille de grand renom, dont les plus beaux fleurons furent le château de Rochechouart et la Montespan, née Françoise-Athénaïs de Rochechouart-Mortemart.

Devenue une puissante vicomté au Xe siècle, Rochechouart tomba sous la domination anglaise pendant la guerre de Cent Ans, malgré la belle résistance de sa ville fortifiée et de son château. Construit initialement au XIIe siècle – et qui comporte également des parties du XVe siècle – ce remarquable site défensif est bâti sur un promontoire rocheux, dominant alors la vallée de la Graine (rivière également orthographiée la Grêne). Mais les bâtiments visibles aujourd’hui datent, pour l’essentiel, du XVe siècle avec la cour intérieure et son élégante galerie Renaissance. La partie la plus ancienne, comprenant le châtelet d’entrée et le donjon, remonte donc au XIIIe siècle. Souvent qualifié de château Renaissance, il se présente plutôt sous la forme d’un ensemble assez homogène de la fin de l’époque gothique, et associe le gothique flamboyant à des motifs Renaissance, faisant de ce monument un élément majeur du patrimoine du Limousin.

Les vicomtes de Rochechouart ont régné plus de 800 ans sur le château, classé aux monuments historiques en 1840, et qui abrita pendant longtemps les services de la sous-préfecture, du tribunal et de la mairie, sans oublier le musée Masfrand. Aujourd’hui, il abrite la sous-préfecture, le logement du sous-préfet et le musée départemental d’art contemporain, perpétuant ainsi la richesse du patrimoine historique et culturel de la Haute-Vienne.

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Cité du canon

À partir de 2015, les façades du château ont fait l’objet d’une importante restauration, contribuant à la préservation de ce haut lieu du patrimoine du Limousin. La municipalité a conservé un petit canon, vestige de l’artillerie du château, qui servait autrefois à tirer des salves lors des grandes occasions et qui vaut à Rochechouart son surnom de « Cité du canon ».

Ce canon daterait du XVe siècle et faisait partie des quatre pièces d’artillerie dont était pourvu le château au début du XIXe siècle. Deux d’entre elles servirent à reconstituer l’artillerie impériale après la retraite de Russie. Des deux pièces restantes, l’une éclata lors de tirs de salves d’honneur au cours du XIXe siècle. Le dernier canon fut doté d’un affût moderne en 1870 afin de célébrer les futures victoires françaises. Devenu trop fragile, il n’est plus utilisé aujourd’hui, mais demeure un témoin remarquable du patrimoine militaire de Rochechouart.

À noter également que, durant l’entre-deux-guerres, la cour du château accueillit un canon allemand de 77, offert par le gouvernement français en hommage au sacrifice des Rochechouartais tombés lors de la Première Guerre mondiale.

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Salle des chasses et galerie d’Hercule

On peut également y visiter la salle des Chasses, qui abrite de remarquables fresques polychromes du début du XVIe siècle représentant une chasse au cerf. Autre curiosité de ce joyau du patrimoine de la Haute-Vienne, la salle des Travaux d’Hercule permet d’admirer un ensemble de fresques uniques.

Le premier de ces trésors fut découvert en 1964. Alors qu’ils procédaient au nettoyage des salles du dispensaire d’hygiène sociale installé dans l’aile nord du château, les ouvriers mirent au jour, dans une ancienne salle d’attente, une vaste peinture murale. Cette fresque, alors en excellent état, représentait trois des travaux d’Hercule : Hercule délivrant Hésione du monstre qui allait la dévorer, Hercule domptant le taureau de Crète et Hercule étouffant le géant Antée.

Enfin, dans la cour d’honneur, les visiteurs peuvent encore admirer la galerie soutenue par des colonnes torses d’influence italienne du XVIe siècle. Un remarquable témoignage du patrimoine Renaissance du Limousin, qui contribue au charme et à la richesse historique du château de Rochechouart.