Au cœur du Berry, le domaine de Bouges dévoile un remarquable patrimoine paysager. Entre jardins à la française, parc à l’anglaise, serres et espèces exotiques, ses 85 hectares racontent l’évolution des jardins au fil des siècles

Le domaine de Bouges, vaste territoire de 85 hectares, a connu de nombreuses transformations au fil des années en fonction des acquisitions et cessions réalisées par ses divers propriétaires. Les archives permettent d’analyser et de suivre certaines transformations du domaine. Toujours en adéquation avec leur époque, les jardins ont évolué au gré des tendances : passant d’une forêt à un parc structuré au XVIIIe siècle, des jardins d’ifs et de vergers au Moyen Âge à un jardin à la française durant la Renaissance.

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Chose certaine, l’aménagement actuel est principalement le fruit du travail des deux dernières familles de propriétaires et des architectes paysagistes Henri et Achille Duchêne. Seule l’allée cavalière située face au château remonte à l’époque de Marnaval, à la fin du XVIIIe siècle. À partir de 1830, un premier aménagement de parc à l’anglaise voit le jour, avec ses allées sinueuses et un plan d’eau progressivement agrandi.

Lorsque la famille Dufour, présente sur le domaine entre 1857 et 1917, achève la restauration des bâtiments, elle décide de se concentrer sur le parc qui entoure le château. Pour cela, ils font appel aux architectes paysagistes Duchêne, reconnus pour leur expertise dans la création de jardins combinant des parterres symétriques « à la française » et des parcs travaillés avec finesse pour rappeler le style « à l’anglaise ».

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Des serres et des espèces exotiques

Dans les cours principales, on trouve des boulingrins, des broderies de buis et des éléments minéraux, tandis que la perspective est-ouest se prolonge par un tapis vert orné d’un buffet d’eau et de topiaires de buis. Pour la partie nord du parc, un aménagement plus naturel a été conçu, incluant des prairies, des points de fuite visuels et des plantations dont les couleurs varient au fil des saisons (hêtres pourpres, liquidambars, chênes rouges d’Amérique, tulipiers). Lorsque le couple Viguier acquiert le domaine en 1917, il parachève ces aménagements et restaure certains éléments.

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À l’emplacement de l’ancien potager, Renée Viguier aménage un jardin de fleurs, appelé le « bouquetier », un nouvel espace inspiré de la Belle Époque pour nourrir sa passion pour les fleurs. Les petites serres sont destinées à la production des plants, tandis que la grande serre centrale, ou « pavillon », abrite des espèces exotiques et sert de lieu de stockage pour les variétés à repiquer ou à diviser. Ce jardin est à découvrir de juin à octobre, avec une préférence pour juillet et août, période de floraison maximale. Les seules transformations qu’a connues cet espace depuis sa création ont été dictées par les maladies et les changements climatiques. Préserver de tels lieux implique d’accepter certaines concessions à l’histoire, ce qui concerne également quelques replantations dans le parc.

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