Des siècles de bouleversements
Le château de Bouzols est un ancien château-fort qui se dresse sur la commune d’Arsac-en-Velay et qui s’est retrouvé au cœur de nombreux bouleversements, entre guerres, destructions, ventes, changements de famille et reconstructions.
L’époque de l’ordre seigneurial et des enjeux locaux (du XIe au milieu du XIVe siècle) voit la naissance du refuge primitif et sans doute la construction d’un château fort traditionnel, avec son donjon refuge ne participant pas au premier assaut, et séparé de la première ligne par un fossé artificiel, creusé dans le roc et débouchant dans le vide. Le premier seigneur connu de Bouzols est Ithier de Mercœur, cité dans une charte datée de mars 1046, neveu de l’évêque du Puy, Étienne II de Mercœur, qui lui aurait donné en fief la terre de Bouzols.

Au cœur des guerres
La phase suivante est celle des grandes familles seigneuriales et des enjeux nationaux (1347-1621). Entré dans le patrimoine de la famille Roger, dont les membres deviennent comtes de Beaufort, en Anjou, et vicomtes de Turenne, en Limousin, en 1350, en la personne de Guillaume Roger, neveu du pape Clément VI, le château subit un siège d’un an en 1399-1400 qui le détruit en partie. Le donjon est reconstruit après cet épisode et la forteresse jouera encore un rôle militaire dans les années 1420 avec l’extension en Velay du conflit entre Armagnacs et Bourguignons, puis ultérieurement au temps de la Ligue où il sera armé et tenu par une garnison soldée par la ville du Puy.
De 1621 à la Révolution, après une tentative de transformation en résidence seigneuriale par les nouveaux acquéreurs (maison de Montagu), le château subit une lente décadence accompagnée d’une dégradation progressive de l’édifice du fait de l’ascension sociale des Montagu-Bouzols, famille de Cour à la fin de l’ancien régime, qui les conduit à s’en désintéresser au profit de résidences moins austères.
Saisi et vendu aux enchères à la Révolution, Bouzols entre à nouveau dans le patrimoine de la famille de Montagu à son retour d’émigration. Celle-ci le revend, en 1808, à la famille Beaud de Brive, installée dans la vallée de Coubon depuis le milieu du XVIIe siècle. Le corps de logis du château est restauré, et les terrasses et le parc, sur lesquels était installé le vieux village castral médiéval, sont aménagés par cette famille entre 1878 et 1905.
Entre 1920 et 1936 seront restaurées la chapelle Saint-Eustache, située dans la cour d’entrée, et la tour de vigie, perchée au sommet de la citadelle. Une campagne de restauration de peintures murales, ornant un oratoire intérieur du château, a été récemment réalisée.













