Jardinier de luxe
Juste après la fin de la Première Guerre mondiale, Georges Clémenceau cherche un endroit pour goûter un repos bien mérité et passer au calme les dernières années d’une vie bien remplie. Sa maison est, somme toute, assez modeste. Si ce passionné de nature vient ici, c’est pour le cadre, la vue sur la mer, le paysage – aucune construction aux alentours à l’époque –, et, donc, la possibilité d’un jardin. Sur la « terrasse fleurie », Clemenceau coiffe sa casquette de botaniste amateur, mais éclairé, travaille et fertilise le sol, et réalise ses essais de fleurs, jouant avec les variétés, les couleurs. Dans ses correspondances, il détaille ses plantations, ce qui a permis de conserver aujourd’hui l’esprit des lieux, même si des choses ont changé, en cent ans. La terrasse fleurie est la partie la plus difficile à entretenir, contrairement aux autres, plus boisées.

Une maison (presque) comme les autres
La longère vendéenne est nantie sur un côté d’un salon d’été, destiné à recevoir les amis ou les personnalités, Sacha Guitry, Pierre Loti, ou des ambassadeurs, des hommes politiques, car Clemenceau est quelqu’un dont on écoute encore les conseils. Il s’agit d’une partie bien à part, qui ne communique pas avec le reste, totalement privé.
L’habitation comprend une succession de pièces somme toute classiques : trois chambres, couloir, cuisine. Rien de tape-à-l’œil, y compris dans la décoration bourgeoise. Le déménagement des affaires personnelles et des meubles de Clemenceau, certains provenant du château de Bernouville qu’il a vendu, se fait au cours des étés 1920, 1921 et 1922. Comme toute maison habitée, la disposition des meubles est fluctuante selon les besoins et les occupations.
À son décès en 1929, l’ameublement de la maison est légèrement modifié par ses héritiers, et adapté pour en faire un lieu de mémoire par l’ajout dans les pièces de souvenirs, d’objets mémoriels et de photographies. Depuis, de nombreux meubles ont encore été déplacés au fil des années, que ce soit pour permettre l’accueil du public, ou encore en raison de leur état de conservation.
Dans le cadre du centenaire de la prise de pouvoir par Clemenceau en 1917, le Centre des monuments nationaux a souhaité revenir au plus près des dispositions voulues par le Tigre, afin de conforter la maison dans son authenticité première. Pour cela, le mobilier a été disposé selon les photographies prises du vivant de Clemenceau. Depuis 1936, l’État est propriétaire de la maison et du jardin, dans lequel s’élève le buste du célèbre locataire.

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