Il y a encore deux siècles, la fabrication du fromage était chose courante. On en faisait dans chaque ferme, pour la famille. C’était au moins le cas du Pouligny Saint-Pierre, dont quelques exemplaires étaient vendus par les fermières au marché du Blanc. Néanmoins, sa réputation avait largement dépassé les frontières berrichonnes : sa forme pyramidale, inspirée du clocher du village, et ses qualités gustatives faisaient déjà florès sur les marchés de Limoges, et même Lyon ou Paris.

En 1969, le produit change de dimension. Le mot est faible : le syndicat de défense et de promotion du Pouligny Saint-Pierre est créé cette année-là, avant le classement, trois ans plus tard, en Appellation d’origine Contrôlée (AOC). C’est une première pour un fromage de chèvre. Autre particularité : cette AOC est la plus petite de France ; elle s’étend sur 22 communes, à l’ouest du Berry, au cœur de la Brenne. Un territoire au sol pauvre, à la flore singulière, faite de landes, d’épineux, de chênes, de luzerne et de sainfoin, tout ce dont raffole la chèvre.

 

 

On retrouve donc dans le Pouligny Saint-Pierre des notes dites « caprines » relevées d’arômes de champignons et de noisettes, qui se laissent apprécier à travers une texture fondante, crémeuse. Deux affinages sont proposés aux gourmets : le Pouligny Saint-Pierre blanc ivoire, lacté, au goût et à l’odeur caprine ; et le bleuté, dont la saveur est proche de celle du champignon.

C’est bien sûr accompagné d’un blanc sec de la région qu’il fera merveille : reuilly, quincy, sancerre, coteaux du Cher, valençay… Le choix est large !